1,8 litre aux 100 kilomètres. Voilà le chiffre sec, celui qui distingue un deux-roues agile et frugal de son cousin énergivore, à l’heure où chaque passage à la pompe rappelle que rouler n’a rien d’anodin. Entre moteurs miniaturisés et électriques affranchis du pétrole, la quête de la moto économique en carburant bouleverse les repères établis.
Les écarts de consommation entre modèles, même à cylindrée équivalente, peuvent surprendre. Certains scooters urbains parviennent à battre à plate couture des motos à boîte manuelle, et les écarts atteignent parfois jusqu’à 30 % selon l’usage et le style de conduite. Ce classement des machines les plus sobres réserve donc quelques surprises, loin des clichés persistants.
Pourquoi certaines motos consomment-elles si peu ?
Derrière une moto économique en carburant, rien n’est laissé au hasard. Tout commence sous le réservoir, avec un moteur optimisé : petite cylindrée, monocylindre, injection de dernière génération, boîte bien pensée. Les Honda MSX 125 Grom ou CB125F le démontrent, avec des moyennes oscillant entre 1,5 et 2 l/100 km sur route. Un ensemble compact et léger réduit la consommation à son minimum. Quand le moteur délivre du couple dès les bas régimes, nul besoin de le cravacher : la mécanique respire, le réservoir s’économise.
La donne change aussi du côté des modèles électriques : plus de carburant fossile en vue, mais une batterie lithium-ion à recharger sur une simple prise domestique. Sur l’équivalence essence, certains tombent sous la barre des 0,5 l/100 km. Le coût d’utilisation fond, l’entretien s’allège, le silence s’impose. À l’usage, l’impact environnemental chute sans bruit ni rejet de CO2, notamment en ville où les politiques publiques favorisent cette transition.
Pour les modèles thermiques, la technique progresse aussi. Injection électronique, pertes mécaniques réduites, rapports de boîte optimisés : les roadsters et trails légers affichent souvent moins de 3 l/100 km. À l’inverse, les moteurs puissants dépassent régulièrement les 7 l/100 km sur autoroute.
Au quotidien, une moto légère, bien entretenue et bien choisie pour ses trajets, reste imbattable en terme de réduction de la facture carburant. Les constructeurs misent désormais sur des modèles urbains ou polyvalents, capables de séduire aussi bien les citadins que les voyageurs de longue distance.
Les critères essentiels pour repérer une moto vraiment économique
Repérer une moto qui consomme peu demande un œil attentif sur plusieurs éléments clés. Voici les principaux points à examiner :
- Le poids : Plus la moto est légère, moins le moteur doit fournir d’effort. Les modèles citadins, conçus pour l’agilité et la simplicité, dominent dans ce domaine. À l’inverse, une machine lourde réclame davantage de carburant dès que la route s’élève ou que la circulation impose des arrêts répétés.
- La cylindrée : Les 125 cm³, comme la Honda CB125F ou la Yamaha YS125, se placent en tête avec des consommations souvent comprises entre 1,5 et 2 l/100 km. Les gros cubes, eux, peuvent grimper à plus de 7 l/100 km, surtout sur autoroute.
- Le type de moteur : Un monocylindre moderne, bien mis au point, s’avère nettement plus sobre qu’un multicylindre ancien. Les progrès réalisés ces dernières années sur l’injection et la gestion électronique font la différence.
- Le style de conduite : Une conduite souple et régulière abaisse la consommation de 30 % par rapport à une conduite nerveuse. Anticiper, éviter les accélérations brusques et maintenir une vitesse stable sont des réflexes payants.
- L’entretien : Un filtre à air propre, des bougies récentes, des pneus bien gonflés : chaque détail influe sur la consommation. Les modèles récents, dotés d’injection électronique, conservent un avantage sur les machines plus anciennes.
- Le prix du carburant : Plus il grimpe, plus chaque litre économisé compte. Prendre en compte ces critères, c’est protéger à la fois son budget et son autonomie.
Comparatif : les modèles thermiques et électriques qui battent des records de sobriété
Le duel pour décrocher le titre de moto économique en carburant oppose principalement deux camps : les petites cylindrées thermiques et les électriques nouvelle génération. Impossible de passer à côté des stars du segment 125cc, la Honda MSX 125 Grom et la Honda CB125F tournent autour de 1,5 à 2 l/100 km, tandis que la Yamaha YS125 s’affiche à 2 l/100 km environ.
Côté scooters, la Yamaha D’elight et la Yamaha NMAX 125 illustrent la maîtrise de la sobriété avec 1,9 l/100 km et 2,1 l/100 km respectivement. Ces chiffres séduisent tout particulièrement les citadins qui cherchent à alléger la note carburant sans sacrifier la mobilité.
Chez les électriques, les Zero Motorcycles s’imposent avec moins de 0,5 l/100 km équivalent essence. Le BMW CE 04 et le Yamaha NEO’s passent à la vitesse supérieure : aucune goutte de carburant fossile, zéro émission locale, et un coût d’usage qui défie toute concurrence. Pour les trajets urbains, ces machines n’ont pas d’égal.
Dans la catégorie des trails et roadsters, la Honda NC750X (environ 3,5 l/100 km) et la BMW G 310 GS (3,3 l/100 km) font figure de références pour ceux qui cherchent à allier polyvalence et sobriété. Certes, l’autonomie reste plus favorable sur les thermiques, mais les batteries modernes comblent peu à peu le fossé saison après saison.
Les modèles électriques marquent des points grâce à un entretien simplifié et des coûts d’usage réduits sur le long terme, tandis que les petites thermiques s’imposent par leur adaptabilité et la facilité de trouver du carburant, même loin des grandes villes.
Petits conseils pour rouler encore plus léger sur le porte-monnaie
Garder une consommation carburant basse, cela commence par un moteur bien réglé. Remplacez le filtre à air, surveillez la pression des pneus, nettoyez les bougies régulièrement. Un entretien suivi, c’est un rendement au top, que l’on roule en moto thermique ou électrique. À la moindre négligence, pression trop basse, filtre obstrué, la moyenne grimpe, parfois de 0,5 l/100 km sans prévenir.
Le style de conduite fait toute la différence. Accélérations violentes, freinages brusques ou dépassements répétés : chaque excès se traduit par une hausse immédiate de la consommation. En adoptant une conduite souple, en anticipant le trafic, on gagne parfois jusqu’à 30 % d’économie selon le contexte urbain ou routier.
Les motos électriques, à l’image des Zero Motorcycles ou du BMW CE 04, réclament moins d’attention côté mécanique. Transmission directe, pas de vidange, entretien réduit à l’essentiel, mais l’autonomie reste toujours sensible à la manière de rouler. Recharger régulièrement sur une prise classique permet de préserver la batterie et d’éviter les cycles trop profonds.
Pour l’achat, il serait dommage de négliger les aides financières : bonus écologique, subventions régionales, parfois cumulables. Paris, la région Île-de-France ou l’Union européenne multiplient les dispositifs pour favoriser l’électrique ou les faibles émissions. Renseignez-vous avant de craquer pour un modèle : la différence sur la facture atteint parfois plusieurs centaines d’euros.
Enfin, comparez aussi les assurances moto. Certaines compagnies récompensent la sobriété et l’électrique par des tarifs préférentiels. Un gain appréciable sur l’année, surtout en zone urbaine dense.
Chaque kilomètre gagné sur la jauge, c’est une bouffée d’air pour le budget, et un pas de plus vers une mobilité sobre et futée. Au bout de la route, les vrais vainqueurs sont ceux qui roulent loin, en dépensant peu.


